Interview de Fabien Gervais, conducteur de travaux chez Bollini - Bollini
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Interview de Fabien Gervais, conducteur de travaux chez Bollini

Conducteur de travaux, Fabien Gervais supervise les tâches liées à tout chantier. Analyser et négocier les fournitures et sous-traitants, assurer le suivi des factures, assurer la sécurité et la santé au travail, le responsable de la succursale de La Sarraz joue également un rôle dans la prospection de nouveaux projets de construction.

A ce titre, il est actif sur une dizaine de chantiers et notamment celui de la ferme Blanc. Faites connaissance d’un homme primordial au sein de l’entreprise familiale Bollini.

 

Monsieur Gervais, vous êtes actuellement conducteur de travaux. Expliquez-nous concrètement quel est votre rôle?

Un conducteur de travaux s’occupe de tout ce qui gravite autour d’un chantier et de sa réalisation. Quand nous recevons un dossier, nous devons l’analyser, négocier nos fournitures et sous-traitants, prendre des décisions stratégiques sur le mode de réalisation, assurer la qualité, garantir la sécurité et la santé au travail. Nous devons quotidiennement garantir un suivi financier poussé, procéder aux factures et assurer le service après-vente. En tant que responsable de notre succursale de La Sarraz, je me dois également d’apporter de nouveaux projets à l’entreprise et à mes équipes. A ce titre, nous privilégions un aspect local en sollicitant nos divers réseaux.

 

Sur quel maillon de la chaîne vous situez-vous ?

Au niveau hiérarchique, je me situe entre le directeur Sébastien Leimer et les différents contremaitres et chefs d’équipes. L’organigramme d’une entreprise de construction est pyramidal. Cependant, tout le monde est interconnecté assurant une certaine réjouissance et une chance d’évoluer dans une entreprise familiale et locale.

 

Sur combien de chantiers êtes-vous présent au total ?

Actuellement, entre les chantiers en finalisation, ceux en exécution et en planification, je m’occupe d’une dizaine de chantiers. Nous avons la chance d’évoluer au sein d’une entreprise capable de réaliser des travaux d’un millier à plusieurs millions de francs. A ce jour, je m’occupe de la réalisation d’une ferme à Corcelles-sur-Chavornay, deux fois deux villas à La Sarraz, une villa à Bavois, un bloc immobilier à Pompaples, une rénovation à Eclépens et divers travaux allant de la restructuration d’un local de pompiers à la rénovation d’un château. Nous avons la chance de nous appuyer sur des contremaîtres qualifiés et sur une cohésion importante au bureau où l’entraide est de mise.

 

Parlez-nous davantage du chantier de la ferme Blanc à Corcelles-sur-Chavornay. En quoi consiste-il ?

Ce chantier consiste en la construction d’une stabulation libre destinée à 128 vaches laitières. Une fosse à lisier de 2000m3 se situe sous le rural. Une salle de traite à la pointe de la technologie verra également le jour. C’est un vaste chantier s’étendant sur une superficie égale à un terrain de football. La superficie, mais également la durée de réalisation sont les deux points clefs de ce chantier. Nous avons débuté le chantier le 10 juillet et nous pensons l’achever à la fin septembre. En décomptant trois semaines de congés en été, le chantier durera dix semaines pour achever un édifice de grande importance ce qui sera un grand défi.

 

Pour ce chantier, vous utilisez un montage presque entièrement de pièces préfabriquées. Comment se déroule une telle opération ?

Pour répondre aux délais imposés et relever des défis personnels, nous avons, avant même que nous soyons adjudicataires, proposé une variante de réalisation à l’aide d’éléments préfabriqués. Ainsi, nous avons pu apporter une solution avantageuse au client tant au niveau du délai que du montant financier de l’opération. En effet, tous les murs du projet seront réalisés à l’aide de prémur, type de mur sandwich. Ces derniers arrivent par camion dans un ordre bien défini. Quand vient le jour de la pose, tout doit être là. Aucune erreur n’est possible. La grande réussite de ce genre de réalisation n’est possible que par une organisation millimétrée et une rigueur tant au niveau du bureau que du chantier. Nous manipulons des éléments pouvant aller jusqu’à 10 tonnes. Je peux vous assurer que vous êtes soulagés quand la journée s’achève et que tout le monde rentre à la maison.

 

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous devez faire face ?

Il faut faire preuve d’anticipation. Il faut savoir qu’avant de recevoir un élément préfabriqué de ce genre, il faut un délai d’environ 8 semaines. De plus, cette solution technique est une variante d’entreprise et l’ingénieur n’a pas le mandat de remettre à jour les plans d’exécution. Il a fallu recalculer toutes les listes de ferrailles pour être en adéquation avec nos choix. De plus, sur ce chantier, aucune séance de chantier n’est organisée. Nous devons donc porter seul le chantier en gérant également l’entreprise de terrassement et les entreprises techniques.

 

Comment vous adaptez-vous à ces nouvelles techniques ?

L’adaptation s’opère parfaitement bien. Ce n’est pas la première fois que j’ai recours à ce mode de réalisation. Quand j’étais contremaitre, j’ai eu l’occasion de poser les premiers prémurs d’une usine française et j’ai pu participer ainsi au développement technique de ces derniers. Me concernant, je maîtrise très bien cette technique de réalisation. Nous communiquons beaucoup avec mon contremaître et nous nous adaptons au site. Pour l’heure, nous pouvons clairement dire que c’est une réussite. Si une entreprise n’évolue pas dans ces techniques de réalisation, elle meurt.

 

Avez-vous des anecdotes particulières sur ce chantier ?

Nous avons débuté la fosse à lisier le lundi 10 juillet. Exactement neuf jours après, cette dernière était achevée contre toutes attentes. Cela représente tout de même environ 400m3 de béton, 40 tonnes de ferraille, 400m2 de murs, 800m2 de dalle et 27 colonnes.

Cela a été rendu possible par l’application de nos bâtisseurs allant même faire des journées de 16 heures. Une autre anecdote moins réjouissante toutefois : un jour, un camion avec 25 tonnes de prémur était coincé sur un chemin AF et nous avons dû le tirer avec notre pelle mécanique couplée avec un dumper. Rien n’est impossible quand on a envie de réussir.

 

La météo est une donnée cruciale sur un chantier. Comment vous adaptez-vous au temps ?

La météo est davantage qu’une donnée cruciale. Certes, il y a les inconvénients physiques comme le froid et la chaleur, mais ce qui est souvent oublié c’est le côté mental. En effet, quand la météo est capricieuse, nos hommes ne sont pas au mieux et nous devons absolument trouver des solutions pour les ménager. Pour cela, nous essayons de toujours laisser en arrière des tâches qui peuvent être exécutées à l’abri dans les sous-sols ou sous les dalles des différents étages. Parfois, nous stoppons les travaux quand les conditions sont jugées extrêmes. Chaque matin, nous regardons la météo et nous informons nos équipes des conditions journalières. Mais il arrive parfois des jours où nous sommes obligés de poursuivre les travaux et pour cela nous pouvons tirer notre chapeau à nos hommes de terrain pour leur courage.

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